https://www.pinterest.fr/sophiebogard/ La cheville, un outil pour notre destin ...

La cheville, un outil pour notre destin ...


Après le pied et ses enjeux, nous trouvons, dans le sens de la remontée, cet outil essentiel, cette première articulation complexe qui fait la jonction entre le pied et la jambe et lui donne sa mobilité, la cheville. C'est notamment grâce à elle que nous pouvons pousser sur nos appuis pour avancer mieux et plus vite et dans une certaine direction.

Commençons par un peu d'étymologie pour éclaircir et comprendre l'enjeu de la cheville. Le mot cheville vient tout d'abord du latin ancien "cavic(u)la", qui donna le diminutif "clavis", clef et est attesté d'abord dans le sens de "vrille de vigne" . La cheville est définie comme étant "une tige de bois dont on se sert pour assembler des pièces". Sa fonction première est donc bien d'assembler, de rassembler le pied et la jambe. Elle sert à relier nos pieds, siège notre source d'inspiration profonde, à la jambe pour articuler tout cela dans le sens de notre oeuvre.

Elle est donc la première articulation complexe, dans le sens de la remontée. Le mot "articulation" a comme racine indo-européenne "are" ayant donné les mots armée, art, article, artiste...propose le fait de faire et de créer du lien. La mission de l'artiste est bien d'être le trait d'union, l'articulation, entre ce qui l'inspire et ce qu'il manifeste sur le plan terrestre. D'ailleurs, la langue des oiseaux nous propose aussi un décodage intéressant car du mot "ART" on entend, l'ineffable "A" mis en mouvement "R" puis fixé sur le plan terrestre "T". En tant que première articulation complexe, la cheville a comme premier role de concentrer puis transmettre le potentiel (pot en ciel) de création contenu et surtout reconnu dans la plante des pieds, dans notre voûte plantaire. Au sein de la cheville," ouvrière" dans le sens qu'elle oeuvre, nous trouvons la malléole, "petit marteau", qui vient bien nous signaler, nous confirmer la présence d'un artiste qui oeuvre à concrétiser les possibilités, les capacités qui sont dans ses pieds afin de les manifester dans la vie terrestre. Rappelons que le bas du corps est principalement relié à la terre et en cela la cheville doit rester ouvrière, car "c'est à travers son oeuvre que l'Homme accomplit son destin". Le mot oeuvre est tiré de l'ancien français qui signifie ouvrir et en cela l'Homme doit sans cesse s'ouvrir à l'immensité des possibles, en restant un "simple ouvrier", voire un bon "oeuvrier" pour faire ses propres choix, et les bons !!! Simple, car quand l'humilité disparaît, les chevilles enflent signifiant bien qu'il quitte son rôle premier, qu'il s'identifie trop à la fonction, et ne semble pas comprendre que tout le monde est indispensable mais pas irremplaçable.

La cheville vient signifier un paradoxe dont l'Homme sur le chemin doit se prémunir et être conscient, car la mission de la cheville est de maintenir la fluidité, la souplesse et la simplicité des liens tout en affirmant les particularités contenues dans les pieds, c'est à dire la note unique de son Etre.

Rappelons que c'est l'astragale qui réunit le pied à la jambe et que par sa présence il invite l'Homme à faire des choix essentiels (de sa propre essence) avec des prises de risques afin d'assumer son propre chemin et ainsi avancer vers son étoile. La cheville peut d'ailleurs être douloureuse au moment de choix cruciaux qui engagent notre destin individuel. Cette articulation essentielle est celle de nos postions, de nos croyances reconnues et établies par rapport aux autres et par rapport à nous même. Elle symbolise la projection de notre capacité à décider, à engager des changements (de positions, de critères...) dans notre vie et à nous impliquer concrètement dans les choses. Elle constitue la porte de l'implication dans le sens de la décision.

Dans le processus de la descente de l'énergie, la personnalité est en pleine construction et la rupture de la cheville peut être une bénédiction car elle génère un moment de rupture imposée par la vie pour réfléchir à ses objectifs précieux, près des cieux..., c'est à dire en lien. Dans le sens de la remontée, une cheville foulée viendrait plutôt nous signifier de ne pas aller là où nous imaginions diriger nos pas, car le lien entre notre inspiration créatrice (pied) et les démarches déjà entreprises, est tendu au point de se rompre. Cela nous invite à ne pas commencer ou continuer à fouler le chemin imaginé. Si elle se brise, elle nous met en garde contre une rupture de schéma qui pourrait engendrer la mise à l'arrêt de notre évolution intérieure.

La cheville relie le pied à la jambe par le tibia et le péroné (le père o né) et ce triptyque invite à devenir "flûte", c'est à dire transformer le souffle inspirateur en séries de sons audibles, tangibles, "devenir audible et spécifique tout en maintenant du lien". C'est ainsi pleinement le rôle symbolique de la clef que tourne la cheville ! La "flute", la voûte" et le "crâne" portent un chapeau, un accent circonflexe signifiant un sommet, le sommet d'un lieu, comme les châteaux souvent construits sur des sommets ou abritant des rois (sommet de la hiérarchie), le sommet des possibles. On peut d'ailleurs faire le lien avec Athéna, liée à la flûte, puisqu'elle est née du crâne (sommet) de Zeus qui représente le plus élevé des Olympiens ?

Le tibia / flûte plonge avec la cheville (qui fait lien, dans le pied (p- i - ed), dans la source pour y puiser les forces, "l'inspiration juste". Le tibia n'est pas encore "l'esprit de l'éveil le plus clair" qui est promis à celui ou celle qui atteindra le sommet de lui même. Il est en contact avec le souffle de l'esprit qui il est chargé de transmettre de manière extérieure personnelle par des sons audibles et justes. En cela, le tibia/flûte nous propose de jouer afin d'exprimer la note de notre propre vérité une fois que nous avons trouvé la source féconde et créatrice de notre Etre.

A côté de l'image féminine du tibia/ flûte, il y a le péroné "père o né", une image masculine et les deux forment un couple, un assemblage subtil des 2 polarités et du coup cela nous interroge: de quel "père on é" ou de quel "père on né"? Et la réponse est là devant nous .... du père o né , c'est à dire du tout signifié par le O, symbole du tout !

La cheville nous invite à être en lien, à produire du lien, des choix, à être dans notre art dans l'attachement et le détachement, pour que le tibia/flûte soit inspiré et produise des sons audibles que le technicien né du père (le péroné) met en oeuvre et ainsi offrir au monde notre note originale, singulière et unique. Nous sommes libres d'utiliser ou pas la clef contenue dans notre cheville pour mettre en oeuvre nos propres choix dans notre existence et aller dans le sens juste où nous conduisent nos pieds, c'est à dire sur le bon chemin, celui qui est le notre, le seul qui vaille et qui nous conduit vers le sommet, notre crâne, le Golgotha !!!

Bon chemin à tous ....


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