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La rate ..."femelle du rat" ?

March 14, 2018

 Nous finissons d'explorer les viscères avec la rate dont le nom issu de "splen" en grec a donné le mot "spleen" en anglais pour le mot rate. En même temps.... que vient faire la femelle du rat au sein de notre ventre, elle qui est si précieuse aux Hindous puisqu'elle symbolise l'Intelligence.

Voyons cela de plus près ...

 

Etymologiquement parlant, le mot "rate" pourrait aussi être issu du mot néerlandais "râte" qui désigne le " rayon de miel ", ce qui peut être intéressant car la forme de la rate offre une certaine ressemblance avec la production des abeilles, notamment les cloisons au centre qui imitent les alvéoles du rucher. Le miel, cet or, archétype de la connaissance (cf Platon et le miel sur sa bouche),  est aussi la joie, faisant référence à celle que l'homme ressent quand il est aligné et profondément en lien avec son Etre.

La rate nous renvoie à cette joie que l'homme doit retrouver, en acceptant les morts/renaissances qui s'opèrent en elle et auxquelles elle l'invite à participer activement pour retrouver la joie de la prime jeunesse, cette joie pure et simple en quittant "le spleen" et la mélancolie. Or, c'est bien la demande mon créateur, que j'aille vers cette joie, vers ce bonheur, en me délivrant de ce qui m'encombre, de ce qui me ralentie et qui m'empêche de mettre en oeuvre ma création, mon oeuvre.

Et nous allons voir combien cet enjeu est important !

 

          Les anagrammes du mot "rate", sont "raté", "taré" ou bien "tare", or le "taré" "porte en lui un poids psychique, une "tare" héréditaire qui alourdit sa vie au risque de la "rater" "(1). La rate désignerait alors, la fin d'un processus psychologique, voire la fin d'un passé alourdissant dont il faut vraiment s'occuper. L'expression avoir "la rate qui se dilate" renvoie à un moment d'euphorie qui , bien souvent, est suivi de l'ennui, "le spleen".  C'est ainsi, que "la sémantique du viscère propose de travailler dans la joie et son contraire c'est à dire la tristesse qui fait perdre le goût de toute activité"(1).

On notera que l'expression "courir comme un dératé" a une racine historique et biologique puisque jadis, on enlevait la rate aux chevaux et aux chiens afin qu'ils courent plus vite !!!! Et donc, symboliquement, "enlever la rate reviendrait à enlever les limites qui empêchent pour libérer un surcroît d'énergie"(1).

 

La rate est située sous la partie gauche du diaphragme et se place à l'extrémité caudale du pancréas duquel elle est inséparable. Elle ressemble à une petite éponge aplatie et pèse environ 200 grammes. Elles est très vascularisée et sa rupture entraîne une hémorragie bien souvent fatale. Elle secrète des cellules sanguines jusqu'au dernier mois de la vie foetale pour qu'ensuite la moelle osseuse puisse prendre le relais. Elle favorise la maturation des lymphocytes (système immunitaire) et intervient dans la synthèse de l'hémoglobine. Elle est le cimetière des globules rouges endommagés, du sang usé par la circulation sanguine. Elle libère aussi le fer dans les voies sanguines afin qu'il soit réemployé à produire de nouveaux globules rouges. Le sang usé, alourdi, "taré", d'avoir dû absorber de nombreuses mémoires psychiques pendant l'expérience circulatoire, est donc amené à mourir pour s'ouvrir à un nouveau devenir. La fonction "symbolique de la rate est de transformer la "vieille vie" en une "nouvelle vie" "(1),  une nouvelle renaissance, un lever du jour.

Son rôle essentiel est d'accumuler l'énergie vitale et de régénérer l'organisme, de dissoudre les anciennes mémoires de souffrance qui ralentissent la personne, celles qui suscitent encore en elle de la mélancolie, voire de la dépression, pour produire un homme neuf , qui entend le cri du coeur , alors capable de s'éclater la rate, débarrassé de son inertie, de ses lourdeurs et de ses "tares".

L'énergie vitale semble liée fortement à cet organe, d'ailleurs A. Bailey nous dit , que "la rate est l'agent le plus important de la force de Vie, mais de la vie inhérente à la matière elle même, indépendamment de toute forme, et qu'elle est donc étroitement reliée au corps planétaire physique (...) étant l'extériorisation d'un centre très important (...)" . Plus loin , elle affirme qu'il existe dans le corps humain "3 centres fondamentaux qui avec leurs extériorisations associées sont absolument essentielles à la vie". Il s'agit "du

- centre cardiaque et du coeur physique , situé en eux le principe de Vie (Aspect Esprit), Vie et Esprit ne font qu'un

- centre coronal et du cerveau avec le principe de Conscience (Aspect Ame)

- centre prânique et de la rate, en eux la Vie de la matière elle même (Aspect Matière)"(2).

 

La rate semble être le mariage subtil et au combien fondamental de deux énergies, que sont la conscience du sacré (prâna) et l'engagement dans le monde (matière), ce qui revient à dire qu'elle illustre l'alliance nécessaire de moi-même avec le temple. La rate "est une porte qui ouvre la conscience aux mystères du monde surnaturel, et pour franchir cette porte, l'homme doit accepter d'être renouvelé sans cesse, de mourir mille fois, tout en gardant la joie fraîche et spontanée de sa prime enfance"(1). Elle est le siège fondamental de la transformation du Moi et de sa régénération. En tant qu'organe Terre, elle "oblige un retour à la terre, à des terres nouvelles de plus en plus profondes, à des cassures douloureuses" (3).

Nous avons vu avec le pancréas qu'il représentait le pouvoir de création de l'homme se laissant inspirer par le monde du mystère, la rate, quant à elle, parle de ses métamorphoses nécessaires et de son renouvellement grâce au contact direct avec le sacré.

 

A propos des mytho-pathologies en lien avec la rate, elles questionnent "sur la bonne volonté de la personne à se renouveler, à renaître en acceptant de se libérer de son passé personnel et transgénérationnel, mais aussi sur le besoin de quitter le rationalisme pur des intestins" pour aller vers la douceur du miel.

On peut citer l'anémie qui intervient quand la rate devient hyperactive et du coup détruit trop d'hématies ce qui entraîne une fatigue persistante, "caractéristique d'une "rate qui ne se foule pas""(1). Le lien poumons/sang est alors dénaturé, affaibli et pose la question sur la capacité de la personne à "mettre en oeuvre dans sa vie (sang) les idées captées de son environnement social et spirituel (air des poumons) , à savoir si ses projets sont conformes à ses vrais besoins et si elle est dans une parfaite cohérence entre le dire et le faire (fer)". En d'autres termes, il est alors nécessaire d'organiser sa vie autour d'idées et de projets qui passionnent plutôt que de se forcer à accomplir des tâches et des projets fondamentalement étranger à sa nature essentielle, elle qui invite à se plaire à se relier à l'âme du monde.

 

Et voilà que nous avons fait le tour de nos viscères, ces précieux organes qui servent la vie et participent à ce que l'être humain prenne conscience de la nécessité d'harmoniser l'ensemble de son potentiel (pot en ciel) intérieur, dans une belle  harmonie des fonctions,  afin de laisser circuler le plus librement possible l'énergie-conscience des pieds vers sa tête pour qu'elle ensemence tous les plans de son Être.

 

 

 

 

* Les mots de même couleur sont liés par leurs nombres grâce à la guématrie (calcul du nombre du mot).

 

(1) Luc Bigé - Les viscères

(2) A.Bailey - Guérison Esotérique - p 263/264

(3) A. de Souzenelle - Symbolique du corps humain

 

 

 

 

 

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