https://www.pinterest.fr/sophiebogard/ Uni-vers,... nos reins...

Uni-vers,... nos reins...

December 22, 2017

 

Comme nous pouvons le voir au travers de notre exploration symbolique du ventre, chaque viscère élabore  un univers particulier. Le foie materne alors que les reins s'échauffent "autour des questions d'harmonie, d'échanges et de l'équilibre des pouvoirs"(1).

 

Les reins sont les seuls viscères pairs et cette gémellité n'est pas anodine car elle met l'accent sur le principe d'harmonisation, la relation entre moi et l'Autre, qui ne doit pas virer au combat "oeil pour oeil, dent pour dent" et bien sûr sur la relation entre moi-même et mon destin.

Le mot rein est issu de la racine "ren" qui a donné "renascor", renaître, c'est à dire rendre à la vie et c'est ainsi que "la sphère linguistique des reins évoque la conversion de la force en jubilation par expérience d'une chute suivie d'une renaissance".(1)

Les reins portent en eux le siège de la force vitale, de la force divine qui rayonne dans tout le corps. L'Eternel,  nous propose un cheminement, et il "sonde les reins et les coeurs" (Ap 2.23) pour vérifier  la pureté symbolique de ces deux organes. Le coeur et les reins sont souvent cités ensemble pour désigner les émotions et les motivations intérieures. Ils viennent évoquer l'équilibre nécessaire qu'il nous faut avoir dans l'usage de la force et de l'amour partagé (reins) et dans celui de la puissance de la sagesse, donc de la réceptivité (coeur). Quand la conscience énergie arrive aux reins, c'est le temps d'une conversion, c'est à dire que sonne le moment de renaître à soi unilatéralement. Et c'est bien ce que à quoi nous renvoie l'étymologie du mot rein.

                    Physiquement, nous pouvons constater que les pieds, les reins et les oreilles sont, dans notre corps, dans un parfait alignement et Annick de Souzenelle d'ajouter que les reins sont les pieds du second étage de notre corps, l'étage de l'Etre. Ils constituent "la base de l'accomplissement de l'Homme dans son processus d'engendrement de lui-même à lui-même jusqu'à son devenir Verbe"(2), son but ultime. Les reins se "souviennent" de leur lien intime avec les organes de la procréation auxquels ils sont liés au début de la gestation, d'ailleurs les glandes  surrénales déversent dans le corps les hormones de la sexualité.

 

Les pieds filtrent les informations venues de la terre,  les reins filtrent le sang et les oreilles filtrent l'air en écoutant les sons. L'écoute, en tant que fonction des oreilles, des pieds et des reins est intéressante à mettre en exergue, car les reins, situés au milieu du corps, constituent alors un relais entre la terre (pieds) et le ciel (oreilles) dans "le processus de  verticalisation de l'Homme pour devenir Verbe", devenu sensible à l'Annonciation qu'il "entend". Les reins jouent un rôle essentiel dans l'écoute intuitive de la sagesse, de la pensée supérieure, celle qui nous permet d'être en relation avec notre "Dieu intérieur", qui signe en nous-mêmes la présence de la hiérarchie spirituelle,  nous invitant à guérir complètement.

 

L'homme s'étant affirmé par sa puissance matérielle, sexuelle et  par sa notoriété sociale, est alors questionné par la Vie. Ce questionnement peut, alors, générer un effondrement, car "rein" renvoie à "rien", à une phase d'anéantissement précédant une complète réévaluation de sa manière d'aimer et de se relier aux autres. D'ailleurs, il est à noter, qu'en astrologie, les reins sont liés au signe de la Balance, celui de l'équilibre, de la justice, marqué par Vénus, la déesse de l'Amour, et siège de la maison 7, celle de l'Autre, de ce qu'il y a en face.

 

Biologiquement, les reins sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale, notre axe, et synthétisent l'urine, "le soleil couchant de notre corps"(1), constituant une preuve accablante de la nécessaire conciliation de nous-mêmes avec nous-mêmes et avec l'extérieur. En effet, être deux (reins) "supposent de regarder la vie selon deux points de vue différents mais complémentaires"(1). 

En effet, ce processus de filtration du sang génère la création d'un liquide jaune, l'urine, "orine en ancien français", de l'or liquide que le corps expulse et qui en langue latine est "auream".... et on entend "or et âme",  image de l'Etre.

Les reins participent à l'équilibre de notre corps et invitent à réfléchir sur la relation amoureuse et  la bonne volonté de l'Homme à s'oublier au nom du partage. La rencontre amoureuse "est d'ailleurs un levier qui fait descendre la personne de son piedestal de toute puissance et l'aide à purifier ses ambitions démesurées"(1). Ce processus renvoie au nécessaire "écroulement " de l'ego permettant de redonner au monde le meilleur de soi-même, ce qu'illustre l'urine composée "des restes du métabolisme dotée de la couleur de la compassion"(1).

Reins en hébreu, c'est "matnaïm", dont la racine est celle du verbe "donner" ce qui  nous permet de dire que les reins contiennent tous les dons. Or, il n'y a pas d'accomplissement des dons sans l'acceptation (ad-captere, "recevoir") des "morts-mutations", qui sont des moments de naissances. Et dans l'histoire de Job, qui n'est autre que le processus que doit connaître notre ego, il est dit que "Dieu perce mes reins sans pitié..."(Job XVI,13). Annick de Souzenelle affirme que la dimension royale et messianique est dans les reins de l'Homme et qu'ils l'aident à mettre en lumière les mystères du nom original.

 

              Au niveau psycho-pathologique, "le mot rein, dont l'anagramme est "rien", renvoie à une difficulté à exister à cause de la complexité d'une vie emplie de trop de" calculs""(3). On peut y déceler un sentiment de dévalorisation, de n'être "rien" quand une pathologie gagne cet organe. Dans ce cas, pour avancer dans la voie de la guérison, il est nécessaire d'entreprendre un travail de recherche pour comprendre pourquoi on se nie (nier, anagramme de rein), pour quelles raisons on ne sait pas se faire respecter et ceci avant tout par manque de respect envers soi-même.

 

                       "Ne sois pas un autre si tu peux être toi-même" Paracelse

 

 

 

 

(1) Luc Bigé - l'Univers de viscères

(2) A. de Souzenelle - Le symbolisme du corps humain

(3) Luc Bigé - Petit dictionnaire de la langue des oiseaux - p 207

 

 

 

 

 

 

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