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Le mardi, la voie du héros !

November 29, 2016

 

Le Mardi, Martis-dies, le jour de Arès pour les Grecs, prend la suite du lundi celui de la Grande Déesse, et est consacré à Mars, la planète guerrière symbole de force et d'action. Ce jour nous rappelle, chaque semaine, la possibilité d'un engagement au nom d'un combat héroïque qui naît de la conscience du manque.

 

Pour accueillir sans retenue la présence du manque, qui marque ce jour, le héros doit accepter de se faire femme comme Démeter (le lundi) qui a connu cette expérience. Pour que naisse notre héros intérieur, nous devons devenir aussi sensibles et ouverts que la femme qui attend son prince charmant, c'est à dire, accueillir la révélation du "divin", de la force supérieure, en "nous m'aime". Le mardi naît de la lune, du lundi.

En cela, citons Luc Bigé,

"Nous devons, en tant que mortel, développer des qualités féminines pour être fécondés par un "dieu", par une parcelle du monde du sens (l'âme du monde), par le génie tutélaire de notre existence".

Nous devons accueillir simplement ce qui est !

Notre héros intérieur surgit vraiment quand le manque se transforme en une certitude intérieure, celle de la nécessité de la quête...Car, en effet, rien ne semble plus fascinant, plus important que d'aller vers l'inconnu qui appelle... qui nous appelle. Ce mouvement naturel de l'âme est comme prisonnier, pris en otage par les ambitions professionnelles qui dans le travail remplacent l'accomplissement de l'oeuvre, de notre oeuvre. Le mot "travail" est d'ailleurs fort enseignant... car étymologiquement il est issu du mot "trepallium", qui signifie : instrument de torture !

Le travail est il un instrument de torture ? de torture pour notre âme ?

Le travail ne devrait, en effet, se justifier "que dans le sens que lui donne la femme enceinte sur le point d'accoucher, celui de manifester un surcroît de vie !" Elle oeuvre, elle s'ouvre pour faire émerger son oeuvre . Il s'agit donc, comme elle, de nous ouvrir, non pas de nier les "bienfaits" de l'ambition professionnelle, mais juste de vérifier que celle-ci s'accorde avec nos aspirations profondes, celles de notre âme, celles de notre sagesse intérieure et du coup faire émerger les  vrais "biens faits" !

Le programme du mardi consiste à s'autoriser à prendre contact avec notre dimension héroïque pour le plein accomplissement de notre oeuvre unique. Ce processus est difficile, car il suppose une transgression des valeurs dominantes, celles qui glorifient le droit au "travail".

Mais c'est aussi pourquoi le héros est un véritable héros !

Il s'agit de s'ouvrir pour accomplir, pour donner naissance à notre oeuvre et donc s'ouvrir à l'inconnu, cet inconnu qui fait peur. Comment savoir si cela est juste, si cette ouverture est la bonne, celle qui est bien en lien avec nos aspirations profondes ? Simplement en observant la jubilation, le dynamisme et l'enthousiasme qui surgissent au moment de l'ouverture et qui constituent les critères les plus sérieux pour vérifier et apprécier la différence fondamentale entre un travail et une oeuvre.

Mais pour accomplir cela la récapitulation des intentions du lundi ne sont pas suffisantes, il nous faut d'autres qualités.

Le héros possède le courage de quitter son passé. Quand il part en renonçant à ses acquis matériels, intellectuels et à sa sécurité affective, alors il est fidèle à l'appel. "Les véritables héros ne renoncent jamais à leur quête car la conscience du manque les taraude" (*). Il a confiance en sa quête car il la "con-naît", il est né avec, même si il a tout oublié ! C'est en ceci, que la fidélité et la foi consistent à fréquenter sans relâche cette "con-naissance" qui pulse au fond de notre coeur, au coeur de "nous m'aime", afin de la laisser envahir tout notre être, toute notre conscience comme un joyau issu des profondeurs.

 

              Pour cela, le héros possède différentes choses :

Tout d'abord, la FORCE issu de FORT, qui est un subtil mélange entre l'idéalisme du feu (F), la sensibilité de l'eau (O), la curiosité de l'air (R) et le bon sens pratique de la terre (T). Un subtil mélange des 4 éléments. Quand il est FORT et qu'il utilise toutes les énergies de ce mot, alors l'homme a le pouvoir de canaliser ces énergies qui le traverse afin de les utiliser à un élargissement de sa conscience. Là est le vrai sens de la force, car à chaque fois qu'il en use c'est pour contacter, puis affirmer un degré de conscience plus élevé. Car, "une prise de conscience intérieure profonde libère alors une énergie restée jusque là stagnante".

Puis il possède, la CROISSANCE, qui implique de trouver sa juste place dans le monde en acceptant les mutations nécessaires de son identité. Et enfin, L'INVULNERABILITE, car est invincible celui dont la seule et unique source d'inspiration est celle de sa voix intérieure. Pour exister, il n'a plus besoin de l'approbation des autres et ne s'effondre plus sous les coups de la critique, ni ne se laisse avoir la grosse tête avec les compliments justifiés ou de circonstance. Il comprend enfin le sens de "il faut que j'assume le contrat de ma Vie" et pour cela citons Platon, Le Karuna, qui dans l'Instructeur du Verseur d'Eau, nous dit  "mon seul refuge est la Divinité en moi, ma seule Energie est le propulsif Divin et ma plus grande joie est le service envers autrui". Si le héros s'engage c'est pour obéir à la partie la plus lumineuse de sa conscience. C'est tout et c'est pour cela qu'il utilise sa force.

Dans la mythologie grecque, la stabilisation de la lumière de la conscience sera la plus grande oeuvre du premier des 3 héros dont le ciel a conservé le souvenir, c'est à dire Orion (j'avais bien dit qu'on en reparlerait), la constellation la plus lumineuse dans les nuits froides de l'hiver. 

               Alors dans ce parcours héroïque, il apparaît que 3 fautes sont nécessaires : La trahison des valeurs dominantes pour la mise en place du futur, le mensonge et la ruse pour protéger la vérité nouvelle qui émerge et l'adultère, c'est à dire "le développement de circuits de création/production non reconnus officiellement, donc jugées illégitimes". (*) Par la suite, le héros sera pardonné par les dieux  qui purifieront ces fautes relatives à la loi commune.  Enfin, une "mort"- littéralement  "aimer "M" l'or "OR" de la terre "T- , qui est un processus de régénération-,  ou un exil (se tenir en dehors de son IL)  le surprennent .

Il a alors pleinement conscience que son grand voyage va le transformer pour lui permettre de devenir ce qu'il est !!! 

Trois catégories de destinées héroïques sont immortalisées dans notre ciel à travers 3 constellations, celle d'Orion, le chasseur, celle d'Hercule qui repousse sans cesse les limites  et celle de Persée, le plus grand des héros car il a décapité le pouvoir manipulateur de la peur. 

Nous avons déjà abordé le parcours d'Hercule et ses 12 travaux, un des héros du mardi,  alors je vous  propose de nous arrêter sur Orion et son combat  incessant vers une plus grande lumière, car "sortir puis maintenir la tête hors de l'eau de la mère est le premier combat de l'homme héroïque".

Orion reste encore très attaché aux énergies du lundi. Il illustre l'effort permanent d'individuation, la tentative répétée de sortir la tête hors de l'emprise  des forces de l'inconscient. Son épopée, sa quête de lumière, représente la volonté d'ancrer la conscience dans un surcroît d'identité, la sienne, et de réalité. L'histoire d'Orion,  montre combien la conscience de l'homme, prise dans la démesure, est aussi fragile que ses ambitions sont élevées. Orion, le géant, est une image symbolique de la démesure humaine. Il est aveuglé par ses ambitions dominatrices et par 2 fois il tentera de retrouver son orient (orientation), son sens, sa lumière, sa lucidité et son identité spirituelle. Orion nous rappelle que sa situation est la notre quand nous nous plaçons au dessus de quelque chose ou de quelqu'un pour les dominer au nom de nos ambitions, de notre savoir ou de nos gênes. En cela Orion est celui "qui refuse de se placer parmi les autres et préfère une position privilégiée", ce que l'on nomme la vantardise !!! ou EGO démesuré...

En naviguant vers son orient pour recouvrer la vue, sa lumière, il constate enfin combien il est aveugle et seul. L'enseignement d'Orion et de sa quête permettent de reconnaître que c'est en se questionnant sur le sens, sur son orientation, que l'homme habité par la démesure, "va réaliser à quel point ses ambitions de grandeur l'ont rendu aveugle à la lumière de sa vérité intérieure". Alors, il peut se relever et regarder cette nouvelle aurore , aube d'un nouveau jour où le soleil de la lucidité se lève et inonde le monde de ses instincts.... "ses animaux sauvages ". Ses instincts retournent alors se cacher dans leurs tanières.

En effet, l'homme  qui a approché et fréquenté sa lumière intérieure, "revient vers sa nuit, la Lune,

vers les ombres que sont ses désirs de toute puissance..". Cependant, l'homme qui ne s'est pas suffisamment arrimé à son ORIENT, n'a pas pu "tuer" efficacement ses instincts, ces monstres qui l' habitent ... il les a seulement repoussé, écarté, alors un jour ils reviennent avec force ce qui est le rôle symbolique du Scorpion (qui pique, qui dérange) dans le mythe d'Orion. Le combat pour la lucidité est un éternel recommencement...une oeuvre à peaufiner .

Le premier combat de l'homme héroïque est donc de quitter son passé, de sortir la tête hors de l'eau, de regarder pour retrouver son orient, sa lumière intérieure car celui en qui le jour se lève, celui dont la conscience émerge lentement des conditionnements collectifs (croyances, idées fixes, domination...) s'affirme en tant qu'HOMME. Alors il a gagné son premier combat, mais ce n'est qu'un commencement. 

Tout, dans la vie de l'homme (famille, éducation, système ...), et toutes ses attentes qui en découlent se métamorphosent quand elles sont comprises non comme des fatalités mais comme des leviers réjouissants pour l'accomplissement de son destin. Et là c'est Hercule et ses 12 travaux qui illustrent le mieux ce parcours ...

 

             Quand est il de Persée qui terrassa la peur ? Cette peur qui pétrifie, qui rend semblable à la pierre, ces angoisses qui paralysent, immobilisent l'homme devant pourtant retrouver son orient?  

La transcendance, l'autre et la mort sont les 3 inconnues dont le mystère absolu suscite panique et angoisses quand il s'agit de les rencontrer directement. Dans le mythe de Persée, c'est la Gorgone qui concentre et représente les "échecs" d'Orion et d'Hercule, car face à la peur, c'est la fuite et/ou la violence. Pour l'homme vivre dans la peur, c'est supprimer toute liberté de penser positivement et figer son être dans une grande pauvreté car "ses élans créateurs et ses désirs de combats héroïques sont figés à jamais". 

On le sait, chacun de nous possède des colères rentrées, des amertumes secrètes, parfois dissimulées sous le masque de la jovialité et de l'optimisme et qui sont autant les fruits de nos propres peurs que celles plus collectives voire ancestrales. Nous portons tous dans notre corps les émotions et les angoisses de nos parents, grands parents...etc, au point parfois de nous cristalliser dans une sensation de fatigue. Reconnaître, voir, savoir et décrypter tout cela, engage le héros à prendre une décision irrévocable qui consiste à arrêter d'en vouloir à la terre entière au nom de ses propres malheurs.

"Quand on renonce à remâcher sa haine, on libère tout le meilleur de soi-même".

Dans le mythe de Persée, la libération des "2 oiseaux" que sont le "Cheval Blanc" et le Chrysaor, le "Faucon d'or", suggèrent que derrière les peurs qui paralysent, se cache un désir d'élévation, d'envol, une force ascensionnelle extraordinaire qui jusque là à échouer et est rester prisonnière d'anciens schémas et comportements sclérosants. Abandonner ses repères, ses croyances, ses livres et ses connaissances est très déstabilisant car devenir "oiseau" n'est pas une mince affaire !

La peur serait-elle alors le dernier rempart qui précède l'accomplissement de l'oeuvre, celui de nos libres élans vers la réalisation intérieure ?

Persée tranche la tête de la méduse qu'il met dans sa besace. Invisible, elle devient inoffensive et il ne l'utilisera alors qu'occasionnellement face à ses ennemis. En transformant sa haine inconsciente et en renonçant à ses justifications lucides, l'homme reçoit le don de la conscience-vérité, une vision pénétrante qui détruit alors les plus solides obstacles. On retrouve la tête de la méduse sur le bouclier d'Athéna, déesse de la guerre et de la sagesse, qui est aussi l'égide de mars. Alors, dans tout combat, la meilleure arme n'est-elle pas la conscience-vérité conjointe à l'absence absolue de haine ?

Voilà le plus grand défi du héros ! 

                Orion nous a parlé de notre quotidien terrestre, de cette quête de lumière, Hercule nous a proposé d'élargir notre conscience et Persée est un envoyé de la Lumière, la vraie, le destructeur des obstacles, celui qui nous accompagne dans l'accouchement des "2 oiseaux" "nés d'un contact avec la transcendance".

Le mardi nous invite chaque semaine à être dans cette conscience car il est  le jour des décisions, des engagements, des combats héroïques et de l'affirmation juste de nos désirs.

Ceux et celles qui sont nés un mardi sont liés aux forces de Mars et ont besoin de réaliser une oeuvre en traversant de nombreux défis et épreuves en  gagnant et/ou perdant de nombreuses batailles. Les autres jours-dieux servent alors l'élan de ce combat pour leur transformation....

 

(*) Luc Bigé

 

 

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