https://www.pinterest.fr/sophiebogard/ Que nous disent nos Pieds ? (1ère partie)

Que nous disent nos Pieds ? (1ère partie)

October 29, 2016

 

La symbolique du corps humain, vaste sujet ! Notre corps nous parle. Il nous parle de nous et ceci à tous les étages...

Je vous propose d'explorer un peu notre corps et de commencer tout naturellement par nos pieds qui constituent une véritable prise à la Terre.

Les pieds nous soutiennent,  nous permettent de tenir debout, de manière stable mais aussi bien sûr de marcher, d'aller de l'avant ou bien de nous bloquer en restant sur nos positions. Par cela, ils symbolisent nos attitudes, nos positions d'action ou d'inaction en relation avec la liberté car ils permettent le mouvement.

Ils représentent "notre pote en ciel".

Nous explorerons alors nos pieds sous couvert de la mythologie et de la symbolique afin de dévoiler (enlever le voile) certains savoirs secrets... (ça voir se créé).

 

Le pied est constitué de 26 os (26 guématrie (réduction théosophique) de YHVH, nom de Dieu imprononçable), 16 articulations, 107 ligaments et 20 muscles. Ce qui donne 169, le même nombre que le mot SOI. Le pied et le Soi, même combat... le pied nous sert-il à affirmer notre Soi, notre valeur, en assumant notre chemin ? Un premier indice à considérer pour la suite ...

  

Le bout des orteils, avec ceux des doigts, est la région du corps la plus riche en terminaisons nerveuses et en glandes sudoripares. Ils supportent le poids de notre corps sur 7 points d'appuis . On retrouve le 7, car 169 est aussi égal à 7, le nombre de la sagesse, mais aussi de la direction en référence au chariot, 7ème lame du tarot. Deuxième indice ...

 

La racine indo-européenne du mot pied est "ped" , racine qui a engendré les termes "antipode"," piédestal", "podium",...et des expressions comme "se dégager des entraves", "expédier une affaire". A partir de ces mots et expressions nous pouvons voir que le mot "antipode" invite à aller à l'opposé , le "piédestal" et le "podium" à s'élever et "expédier" à reconnaître et se libérer des entraves qui empêchent l'élévation.

La racine "ped" contient donc en son sein le sens symbolique du pied qui est le lieu corporel de "l'entrave et de la libération", car "chaque pas est un mouvement vers la liberté de l'homme qui affirme son désir de retrouver le podium du ciel en se dégageant de ses "racines terrestres""(*).

Dans la langue des oiseaux, si chère aux poètes et alchimistes, on entend le "P-i-ed", c'est à dire le "pays" (P-i) et "ed" qui est la racine indo-européenne du mot "richesse". Le pied est un riche territoire !

Un territoire qui doit être ensemencé, planter comme nous invite à le faire notre voûte plantaire (planter en terre). Mais il faut être vigilant à ne pas se planter de direction ni même à refuser la marche en avant sinon c'est l'immobilisation! Se planter reste beaucoup plus enrichissant et salvateur que de rester "planter là "...car les "seules voies qui conduisent aux antipodes de soi même sont dignes du pied" (*) et en cela ils nous invitent à parcourir le chemin qui nous conduit aux antipodes, au sommet, pour rejoindre la voûte crânienne (céleste) qui est en résonance avec la voûte plantaire.

On dit en métaphysique que c’est la seule partie du corps qui comprend vraiment.  Au premier chef, les pieds marquent le point de départ sur la voie de la croissance et de l’évolution, figurant la totalité des énergies à accomplir.  Ils assument les fonctions les plus serviles, agissant comme les Serviteurs des serviteurs, manifestants ce que la tête, le Chef, choisit et décide.  Ils révèlent le désir d’évoluer par la compréhension des Lois de la Vie.  On les associe à l’entendement, à l’intelligence rationnelle, aux forces telluriques, à la joie intime, à la qualité d’un parcours de vie, à l’adéquation à la Terre, au pouvoir, à la force de l’âme, au départ comme à l’arrivée  (aboutissement).

 

En Inde, on considère les pieds comme la partie la plus sacrée du corps.  Les pieds révèlent la manière dont on fait son chemin dans la vie, déterminent le prochain pas à faire pour progresser, le degré du goût de vivre, la capacité d’avancer, la conduite psychique, le sort de l’âme (son degré de force ou de faiblesse).  Ils forment les assises de l’être humain, exprimant "le côté féminin et ombrageux de l’Arbre de la Connaissance des Opposés apparents".  Ils démontrent comment on fait pour mettre ses idées en marche ou en application, pour assurer son progrès ou son accomplissement.  Dans certains cas, les pieds peuvent évoquer des invitations à sortir, la libération du passé, des orientations nouvelles, la perception tactile, le rayonnement magnétique, la clarification d’une phase de sa vie.  Ils expriment largement la volonté intime et les sentiments profonds.

La marche est un processus qui revient à stimuler sans cesse notre désir de hauteur, car "marcher est une méditation". En effet, dans "marcher" il y a le "M" où on entend "aime" puis "archer" - arche-qui renvoie aux archétypes-, donc marcher c'est être dans l'amour des archétypes (*). La marche symbolise et stimule notre désir de hauteur. Peut être est-ce pour cela que Nietzche et Kant philosophaient en marchant...

Marcher sur le chemin, sur notre chemin, c'est se mettre en lien avec les archétypes, sur un chemin qui a toujours été là, car il représente l'union de la terre et du ciel symbolisée par le lien entre la voûte céleste et la voûte plantaire. Cette union que l'homme a à réaliser intérieurement commence à se mettre en place quand il comprend, quand il prend conscience, qu'en se libérant de ses entraves, de ses racines il a la possibilité d'ensemencer sa vie à chaque étape du parcours. Alors, il accepte totalement, "dans une volonté farouche et une pratique régulière, les élans de son âme vers les cieux et son inaccessible étoile". Et les pieds lui disent "tu es déjà ce que tu cherches".

                       En effet, les pieds ont la forme d'un germe, un haricot, qui est la forme de ce qu'est l'homme à son point de départ, dans son entière potentialité, quand il baigne encore dans les eaux matricielles.

Mais de quelle potentialité s'agit-il ?

 

Le pied est constitué de 3 parties, le tarse, le métatarse et les phalanges, faisant au total 26 os. Le calcanéum, l'astragale, le cuboïde, le scaphoïde et les 3 cunéiformes (latéral, intermédiaire et médial) forment les 7 os du tarse (se trouvant au niveau de la voûte plantaire)...tiens tiens encore 7 .

Prenons les un par un pour voir et comprendre les enjeux - (en-je ou ange phonétiquement)

 

Dans le calcanéum, nous entendons "le calca né homme", c'est à dire l'homme né du calque, l'homme créé à l'image de Dieu en termes bibliques. En ce sens, l'homme marche vers sa naissance à l'humanité du fait de sa conscience d'être "un calque". La perception de son double spirituel, le Soi, sera alors le "moteur du redressement vers l'Etre"... mais ce n'est pas aussi simple !!!

L'os du talon, nous le savons, fait référence à Achille par le nom du tendon qui y est attaché. Achille, dans la mythologie, est un enfant très spécial car né d'une déesse Téthys (déesse aux pieds d'argent) et d'un mortel Pelée (le boueux). Téthys ne veut pas de cette liaison qui lui sera imposée par les dieux. Le boueux évoque la terre, Téthys reliée aux sources, aux fontaines, évoque la fécondité. De cette alliance, né Achille à qui l'on propose de réaliser cette oeuvre, c'est à dire renouer avec la source. En effet, le boueux, l'homme du calque, apprend à stabiliser ses contacts avec sa force créatrice, féconde, cette force qui se "refuse sans cesse et essaie de refluer dans les profondeurs de son inconscient". De ce difficile mariage, "l'homme inspiré est justement celui qui sait doucement stabiliser ses images intérieures et ses émotions capricieuses".

Faut-il alors encore s'étonner que nos pieds puissent héberger la source de nos inspirations les plus célestes ? D'ailleurs, le dieu Hermès, dieu de l'intelligence,  porte des ailes à son casque et aux talons, signifiant bien les 2 sources d'inspiration. On retrouve cette symbolique dans la roue zodiacale car les pieds sont associés au signe du poisson et la tête à celui du bélier... et dans la roue les pieds sont bien en contact avec la tête.

 

L'acrobate de Vézelay sur le tympan du portail principal de la Basilique, symbolise "l'homme accompli, celui dont la tête rejoint les pieds" (2).

 

 

 

 

 

Dans la mythologie, Téthys fut surprise par Pelée alors qu'elle était en train de carboniser son fils, Achille, alors enduit d'ambroisie ( ambrosia - substance divine qui appartient aux dieux). Elle l' abandonna ayant réussi à traiter l'ensemble du corps sauf le talon !! Pelée décida alors de guérir son fils et remplaça l'astragale carbonisé par des phalanges issus du géant Damysos (le conquérant) connu pour sa rapidité à la course. Achille en prendra  les qualités attribuées aux pieds, c'est à dire le déplacement, l'action dans le monde.

Les 6 premiers enfants de Téthys seront tous enduits d'ambroisie et carbonisés par leur mère pour conserver leurs attributs divins et leur immortalité dans l'Olympe. En cela, par ce geste, Téthys représente la symbolique de la mère possessive qui refuse à ses enfants la possibilité de vivre en accomplissant leur propre destin. Elle les veut parfait. Achille, le 7ème (encore 7) enfant est le seul à se mettre en route pour accomplir son destin grâce notamment à la phalange du géant qui devint son nouvel astragale, os appelé aussi "osselet" qui donnera naissance à ce jeu issu de la plus haute antiquité. Ce jeu de "hasard" était un moyen pour les hommes de contacter la volonté divine. C'est en cela, que l'homme "né du calque" "joue" (mélange d'habilité et de prises de risque) et prend conscience de sa destinée par son "astragale". Les consonnes du mot STRGL nous renvoie à un autre moyen de "deviner les destins individuels et collectifs", l'astrologie -l'astre au logis.

Malgré le fait que sa mère ai essayé de le prémunir d'une vie sans embûches, Achille prend en main son destin, sa vie terrestre avec ses vicissitudes, en suivant la voie terrestre que le nom de son père exprime parfaitement Pelée (le boueux) : la boue. Par cela il "naît homme", il embrasse sa destinée en acceptant de souffrir, reconnaît sa matière dense, il entre "en conscience dans le calca né homme". Il dirige toutes ses actions dans le monde et devient un guerrier extérieur et le Héros de la guerre de Troie. Il est libre de ses choix et avance vers son destin. C'est, en autre, ce que le pied nous invite à faire ...

 

D'autres indices viendront nous éclairer dans une 2 ème partie à venir ...

Bonne marche en ce mois de novembre car

   "Marcher et poser sa conscience dans ses pieds revient à contacter sa source d'inspiration profonde"

 

 

 

(*) L'archétype est pour la psychologie jungienne un processus psychique fondateur des cultures humaines car il exprime les modèles élémentaires de comportements et de représentations issus de l'expérience humaine à toutes les époques de l'histoire, en lien avec un autre concept jungien, celui d'inconscient collectif.

(*) Luc Bigé

(2) Annick de Souzenelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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