https://www.pinterest.fr/sophiebogard/ Le Roi Soleil !

Le Roi Soleil !


Que ton rayonnement magnifique me réchauffe, qu'il me réjouit, alors que je contemple ta beauté qui est la splendeur incarnée !

Parler du Soleil, du dieu Apollon, du "Connais toi toi-même", pour clore ce septénaire au travers des jours de la semaine voilà ce que je vous propose en ce joli mois de mai, mois pendant lequel sa présence réchauffe nos coeurs, nos corps et nos âmes.

Qu'est ce que le soleil, Shemesh en hébreu, peut bien venir nous enseigner, nous révéler et nous transmettre, notamment le dimanche, jour qui lui est consacré ?

Commençons avec la mythologie grecque et Apollon fils de Zeus et de Léto qui naquit au 7ème mois et qui au 4ème jour demanda un arc et des flèches. "Pour Jung, le 4 est le nombre de l'engagement pour l'individuation , le 7 est lié aux 7 plans d'existence, aux différents états d'être explorables par la conscience" (1), ce qui peut déjà nous permettre de dire qu'Apollon vient incarner le combat pour l'expansion précise et lucide de l'être dans tous les mondes...

Mais plus précisément ?

Le soleil, comme le dit Catherine Castanier, "symbolise l'itinéraire à parcourir, au cours de la vie, pour réaliser la conscience d'exister" (2). Vaste programme .... Approfondissons un peu le sujet !

Apollon est le dieu des musiciens, il gratte une lyre à 7 cordes, car pour lui, s'ouvrir au souffle des dieux ne suffit pas, il est nécessaire de stabiliser ces informations dans son corps, dans son coeur pour lier et harmoniser tout cela . C'est exactement la fonction symbolique de la lyre à 7 cordes.

Il s'agit pour chacun d'apprendre à redécouvrir son chant de vie, son verbe intérieur, "ce que je suis vraiment pour que cela s'exprime à l'extérieur". Faire sortir l'oracle, du latin "oraculum" - parole d'un dieu- de sa vie ! En ce centre s'exprime la vérité de l'être qui, quand "il n'est plus synchronisé sur ce son mais sur des sons parasites (peurs, conditionnements, croyances ...), ne permet plus au chant de vie de s'exprimer"(3) et engendre la maladie (mal a dit). Avec Apollon, le dieu Soleil, il s'agit bien d'entrer en contact avec sa vérité intime, de s'ouvrir au sens profond de sa vie "en s'abandonnant au pardon tout en s'installant dans sa vraie demeure".

Apollon est aussi le dieu des oracles, le "Connais toi toi même" de Delphes, mais aussi dieu de la médecine, guérisseur, purificateur, de lui "les médecins détiennent la science de retarder la mort". Il est le père d'Ascléspios (soigneur) formé par Chiron (le guérisseur dans notre thème de naissance par la pure lumière et l'ici et maintenant).

En astrologie (astre au logis), le soleil est bien sûr un astre central et déterminant pour explorer le thème zodiacal. Que nous disent les astrologues ? Que le soleil représente le rayonnement, qu'il est un "indicateur d'identité", qu'il signe l'expression de soi, la capacité à gouverner dans le secteur du thème où il se trouve. Son symbole, un cercle avec un point au centre, est une source d'inspiration et de méditation fort intéressante .


Arrêtons nous un instant sur ce symbole qui en dit long sur les enjeux... Le cercle avec un point au centre évoque la manifestation, le développement, l'expérience de quelque chose et notamment le rayonnement du point par le cercle. Tous les points de la circonférence se retrouvent au centre. C'est le rayonnement extérieur de ce qui est au dedans. Le point a contenu le cercle. Il est à la fois principe et finalité. Pour Plotin, un néo-platonicien, "le centre est le père du cercle". Ce point est la réalité qui anime l'être, il est originel et va se déployer, se révéler au dehors. Du moins telle est sa fonction ! C'est la vocation de l'être qui est vouée à se manifester, à jaillir de sa source . Il s'agit de la pure lumière qui m'habite et qui ne demande qu'à s'épanouir au dehors, à se manifester, à rayonner, à resplendir . Pour cela il nous faut nous départir des résistances intérieures qui entravent ce processus.

Continuons l'exploration pour nous arrêter un instant sur le mot hébreu du soleil, shemesh - shin mem shin, qui signifie pur cristal, la source. Avec shin mem shin, on peut aussi entendre shamash, car en hébreu il n'y pas de voyelles, il s'agit donc du même mot qui signifie "servir", "gardien". Dans la ménorah juive, le shamash est le support au centre du chandelier à 7 branches, il sert à allumer les 6 autres, il est au service des autres, il fait autorité dans le service. Alors comment vais-je, moi même, faire "autorité" et éveiller, avec mon soleil, la flamme des autres, leur lumière afin que chacun puisse éclairer, rayonner et exprimer sa propre lumière ?

Voilà un des enjeux du soleil !

Et quand on joue avec les lettres du mot hébreu shemesh, shin mem shin, on prend shin mem, c'est le mot shem qui signifie le nom, il reste alors shin, qui signifie le feu. Littéralement, "le nom qui chauffe, qui rayonne". Et le nom, c'est ce qui révèle la nature et la vocation d'une chose.

Et là, on a envie de citer Marc-Alain Ouaknin, philosophe et écrivain français, professeur des universités (Israël), pour qui le mot shem, le nom, peut aussi se prononcer sham, "là-bas". Pour lui, avoir un nom, c'est se porter au delà de soi, c'est "un mouvement de transcendance , de dépassement de soi, un vrai projet dans le futur, une ouverture à une autre dimension" (4). L'art de porter son nom, c'est "la capacité à se porter au delà, de se transporter, c'est une métaphore de soi". Le nom de l'homme, c'est l'ensemble des forces qui le poussent à s'inventer dans un "processus infini d'être et de dés-être, d'identification et de dés-identification, de signification et de dé-signification de soi"(4). Si un nom nous est donné à la naissance, c'est qu'il a pour vocation de nous rappeler sans cesse que nous avons" à naître et à renaître indéfiniment".

Car "l'homme n'est pas, il devient".

En ceci, "porter un nom, signifie, dès lors, que je porte la capacité infinie de ma renaissance" rendue possible par ce feu que je porte le "shin", le feu de la renaissance perpétuelle, mon soleil, cet astre qui réchauffe.

Dans shemesh, le mot hébreu du soleil, il y a aussi un autre mot qui signifie "tâtonner". Il nous faut tâtonner sur le chemin, c'est essentiel (essence ciel), car "si tu connais quelqu'un qui connais ton chemin, surtout ne lui demande pas, sinon tu ne pourrais pas tâtonner.... "en plein midi, comme certains tâtonnent dans l'obscurité" (Deutéronome). Le chemin de soi est fait de tâtonnements salvateurs qui permettent de grandir et de trouver en soi le juste chemin, celui qui nous correspond vraiment .

Le soleil nous invite à faire ce voyage car "le sentiment d'exister évolue normalement vers la conscience de soi, il symbolise l'itinéraire à parcourir au cours de la vie"(2). Il nous propose d'exprimer vraiment au dehors ce que l'on porte au-dedans, car "si je n'arrive pas à exprimer ce que je suis, je suis mort-né"(5). Il s'agit d'effectuer un travail en conscience pour exorciser les forces ténébreuses qui encombrent et empêchent cette rayonnance, celles issues de nos lignées et celles qu'il nous est proposé de travailler, de reconnaître et d'épurer afin de grandir vraiment. Il s'agit d'ôter les nuages pour laisser le soleil, notre soleil jaillir des profondeurs de notre être !

Avec le soleil, il s'agit d'afficher ses couleurs, les siennes propres et du coup "Dieu est content quand je suis ce que je serai". La guérison, c'est l'affirmation pleine et entière de soi, sans faux semblants. Il s'agit de redonner de la vie à notre soleil, de la vitalité, car sans cela aucune affirmation n'est possible au niveau de l'âme, ni de gloire au niveau de l'esprit. Pour guérir, il faut que je rayonne de nouveau, que je sois en raisonnance avec mon verbe intérieur, avec mon chant de vie. Pour Jean-Yves Leloup (6), l'oubli de l'être est cause de toute maladie car la souffrance, "c'est de refouler ce désir essentiel de l'être". Le soleil nous invite à polariser notre attention sur le centre, le centre du cercle, pour le faire exister pleinement et le faire rayonner. Il est porteur de ce que je suis ! Le soleil est beau , il ne peut qu'être beau car "une chose n'est belle que si elle manifeste sa plénitude", l'équilibre entre l'intérieur et l'extérieur. Il nous faut écouter et reconnaître cet espace pour affirmer sa singularité dans l'équilibre parfait entre l'expression de mes droits et le respect des droits d'autrui. Il n'y a pas d'agressivité dans l'affirmation de soi, du latin "affirmare", donner une chose pour vraie, attester. Bien souvent, perdure la confusion entre l'affirmation et un comportement affirmé qui tend trop souvent vers l'agressivité.

Si l'on s'affirme mutuellement, alors on peut mieux vivre ensemble, chacun relié à sa source, à ce qu'il est, à son devenir qu'il rayonne tout autour nourrissant chacun de sa propre lumière.

Dans le thème astral, le soleil régit le signe du Lion , son élément est le Feu et est reliée à la 5ème maison en partant de la 1ère en Bélier. La maison 5 est le lieu de la création, de la pro-création et de la re-création.... de soi même ! Animer, activer, dans notre vie le lieu (maison du thème) où se trouve le soleil c'est participer à cet enjeu, à ce magnifique programme pour notre solarité, notre conscience resplendissante et notre lumineux devenir .... Que votre lumière rayonne !!!

"Quand je ne rayonne plus, je brille" et briller ce n'est pas rayonner , à méditer ...

(1) Luc Bigé - Jour de la semaine - le dimanche

(2) Catherine Castanier - Le diagramme du Septénaire - Tome 3

(3) Dr Mitchell L.Gaynor - Les Sons de de guérison

(4) Marc Alain Ouaknin - Bibliothérapie- Lire c'est guérir

(5) Rafaël Payeur - Les Archétypes planétaires

(6) Jean Yves Leloup - écrivain, philosophe et théologien français

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